De la Laponie à l’Anatolie, 1/7 : 493 jours de vagabondage

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(This serie of articles will be translated in English, « soon » (that means, one day for sure, but i can’t say when))

De la Laponie à l’Anatolie, ce récit est découpé en plusieurs parties :

1/7 : 493 jours de vagabondage ;
2/7 : France ;
3/7 : Prince Yvonne ;
4/7 : vers le nord ;
5/7 : vers le sud ;
6/7 : juste un tour ;
7/7 : un petit détour ;

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Pour commencer, voici quelques chiffres. Des phrases très courtes, faciles à lire et rapides à écrire.

– 19 juillet 2012 : premiers pas depuis les Alpes de Haute Provence ;
– 23 novembre 2013 : derniers pas avec retour exact au point de départ ;
– 493 jours de vagabondage (environ 70 semaines, environ 16 mois);
– 23 pays, 27 passages de frontière ;
– Entre 7 et 13 kg sur le dos, selon le sens du vent ;
– 11 jours maximum sans me laver ;
– Températures maximale de +45°C et minimale de -28°C ;
– 4 paires de chaussures, plus 1 paire de pieds nus ;
– 10 kg perdus, 5 kg pris, selon les saisons ;
– Environ 1/3 du temps en transport motorisé, 1/3 avec pieds, canoë, vélo…, 1/3 chez l’habitant ;
– 10 euros par jour (moyenne, matériel et transport inclus) ;
– 1 bobo au pouce (panaris, sans séquelle) ;
– 0 regret.

Quand mes proches me demandaient si les préparatifs avançaient bien et si l’organisation s’organisait, je répondais, rassurant : « oui, tout va bien, les choses se mettent en place, je suis prêt ». Je mentais. Avant mon départ, je me suis affairé à ne pas préparer mon périple. Ma destination même m’était inconnue. Pensant aller vers des pays tropicaux, je me fis vacciner. J’allais simplement à « travers la France », puis « au delà ». Je n’avais qu’une seule date et un seul lieu à l’esprit. Quelques semaines plus tôt, j’apprenais l’existence d’une marche non-violente organisée par Gandhi International / La Paix en Marche, au départ du Croisic et à destination de Paris. N’ayant jamais marché que pour moi-même, je m’étais dit que c’était là une occasion parfaite pour découvrir la marche en groupe et « pour une cause ». Et ensuite ? L’inconnue. Je pensais bien aller vers le nord, mais comment, par où, quand, je l’ignorais réellement. Je partais sans destination, et sans date. Si j’en avais marre après deux semaines, deux mois ou deux ans, je m’arrêterais. Si non, non.

Afin d’être sûr de ne pas regarder derrière moi, je me séparais de tout ou presque. Je vendais mes biens, donnais ce que je ne pouvais pas vendre, et jetais ce que je ne pouvais pas donner. Quelques cartons, essentiellement des livres, un peu de vaisselles et du matériel informatique, furent stockés dans la maison familiale où je me rendais une fois tous les trois ans… Non dans l’idée des les récupérer, mais de les laisser en usage à qui voudrait. Administrativement, je ne fis rien, sinon un passeport. Pas de sécurité, pas d’assurance, pas de permis particulier, pas de visa. Je n’avais pas le sentiment de « partir en voyage », simple de « continuer ma vie ».

Voilà en guise de préambule au passé. Le reste sera au présent, car mes souvenirs sont au présent, et c’est moins lourd à lire.

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